Extrait Inédit du roman choc « Les Oubliés-1945»

Je sais que c’est Noël et qu’on préfère de loin les ambiances feutrées et doucereuses… Mais il ne faut pas oublier pour autant la réalité. Quoi que en cette période étrange on ne peut pas vraiment s’en échapper.

Ce livre est un puissant concentré historique sur la déportation des gays avant les juifs, ce que les plus jeunes ignorent pour beaucoup. Par ce livre historico-fantastique, j’ai tenu à rendre hommage à tous ces hommes et ces femmes ayant succombé pour beaucoup aux sévisses endurés par les nazis.

C’est avant tout un travail de mémoire que l’on devrait tous faire en lisant ce livre. Un travail de deux ans pour me documenter afin d’utiliser des éléments historiques dans cette fiction ou j’utilise le fantastique pour rendre plus supportable la réalité de tous ces malheureux. Rien ne sert de se voiler la face ou de mettre la tête dans le sable, ça s’est passé, et il faudrait peut-être l’assumer mieux que ce qui a été fait jusqu’ici. L’homme est très fort pour ne se souvenir que de ce qui l’arrange. Je rappelle que les gouvernements ont eu toutes les peines à reconnaître ce pan de l’histoire et qu’un mémorial à été enfin édifié il n’y a pas si longtemps que ça en France. Et inutile de dire ici que certains n’admettront jamais ces faits.

Je rappelle ici qu’il y aura un autre roman qui suivra dans une version dystopico-fantastique afin de démontrer que l’homme n’apprend rien de ses erreurs. Vous verrez qu’il vous plongerez furieusement dans l’époque que l’on traverse.

Je vous laisse cet extrait et ne soyez pas effrayé, laissez-vous embarquer dans ce camps et par ces personnages retrouvant peu à peu la mémoire et des bribes de leur vie passée…

EXTRAIT :

Anna inspire profondément en se tenant au bois d’un lit. Elle a de la peine à cacher son désarroi après un tel souvenir. Elle doit reprendre son souffle sans que Klaus réalise quoi que ce soit. Elle ne veut pas qu’il devine ce malaise. Elle se tient les reins avec ses deux mains, se redresse en inspirant une bonne bouffée d’air avant de se tourner vers lui. Un courant traverse la pièce, sa mèche ondule comme une voile au vent. Elle la remet sur sa tête en souriant du mieux qu’elle peut. Klaus tente de lui rendre la pareille, mais son rictus est bref et plein d’inquiétude. Il s’assoit dans son lit, laissant tomber ses jambes dans le vide, au-dessus de la tête de son voisin de lits superposés. Anna lui frotte l’avant-bras pour le réconforter. Il reste songeur. Semble ailleurs. Dans un autre monde tandis qu’elle revient à celui-ci.

— On nous drogue Anna ! chuchote-t-il à l’oreille de la jeune femme, en lui lançant un regard sombre. On nous drogue tant et si bien que nous ne savons plus depuis quand nous sommes dans ce camp. Que nous ne savons plus même pourquoi nous y sommes arrivés ! Que nous ne savons même plus qui nous sommes !

Anna ne peut contenir l’agitation de ses paupières semblant se rebeller face à cette affirmation.

— Qu’est-ce que tu racontes ?

— La vérité ! Je ne sais pas comment, mais on doit nous injecter quelque chose pour que…

— C’est du délire ! s’emporte la jeune femme, en secouant la tête comme si elle refusait cette éventualité.

— On nous surveille. Chaque fait et geste est analysé par ces…

— Mais… comment pourraient-ils nous épier, voyons ? se défend-elle, d’une voix emplie de panique. Ces parois pourrissent sous nos yeux, alors…

— Comment, ça je n’en sais rien, mais ce dont je suis persuadé, c’est que nous subissons des lavages de cerveau à tout moment par je ne sais quel foutu procédé !

— En es-tu sûr ?

— Je donnerais ma main au feu ! Pourquoi ne nous souvenons-nous jamais avec exactitude de la journée précédente ? Te souviens-tu de tous les évènements d’hier ? Non, répond-il à sa place, sans même la laisser tenter une riposte. J’en étais sûr. Et aucun d’entre nous ne s’en souvient. On nous bourre de médicaments. De psychotropes ou je ne sais quelle merde dans le seul but, d’expérimenter, Anna. Nous ne nous rappelons même plus nos vies d’avant… D’avant tout ça. Ou si peu…c’est si confus.

— Mais… Je m’en souviendrais si on avait tenté de me drog… Je n’ai aucun souvenir de quoi que ce soit ayant trait à une seringue ou des gélules.

— Je ne te parle pas de seringue, Anna. Ni de bonbons, voyons ! la sermonne-t-il, comme une petite fille venant de dire la plus grande bêtise. J’imagine qu’ils en mettent partout. Dans la bouffe, dans les couvertures, pour qu’on les inhale en dormant. Dans l’air ambiant. Partout !

— C’est dingue cette histoire. Tu crois vraiment ce que tu dis ? finit-elle, en ne le quittant pas des yeux.

Klaus saute de son lit d’un bond agile. Il semble surpris lui-même. S’il était drogué, peut-être ne tiendrait-il pas sur ses jambes de la sorte.

Il pose sa main sur l’épaule d’Anna, plonge son regard azur dans le sien. Comme elle est belle, se dit-il, en l’admirant. Un sourire intérieur illumine sa figure, avant que ses yeux ne tombent sur les coutures usées de sa tunique.

Telles des décharges électriques foudroyant son crâne, des souvenirs l’assaillent sans crier gare. Comme un couperet tranchant l’espace-temps, ils le transportent dans le camp où il fut acheminé par un train. Le fatras des roues métalliques le long des rails l’abasourdit. Il peine à rester concentré, il semble déconcerté, désemparé, avant de retomber dans ce wagon dans lequel une dizaine d’hommes moururent durant le voyage. Certains de froid, certains d’asphyxie, mais d’autres, tout simplement d’appréhension et de peur. Ce qu’on racontait sur ces camps était horrible. De l’horreur pure. La vie semblait avoir été allouée au diable en personne. Il put le constater par lui-même. Rien ne leur fut épargné. Ni les humiliations de bas étage ni les pénitences les plus abjectes. Tout devint très vite incompréhensible. Surréaliste. S’il devait y avoir un enfer, alors c’était bien là qu’il se trouvait. Mais quand tout cela avait-il basculé et en quelle année était-ce donc ?

Publication en 2021

Publié par tomhuxleyauteur

Enfant, j'imaginais déjà des histoires pleines de personnages hauts en couleurs, que je racontais à tous ceux qui croisaient ma route. Depuis lors, j'ai fait évoluer mes récits, les rendant plus complexes, et les partageant ainsi avec un public plus large. En tant que narrateur, je tire profit de mon imagination et mon sens créatif pour raconter des histoires captivantes et divertissantes. C'est tout naturellement que je me suis porté vers l'érotisme et la sensualité. Sans tomber dans la vulgarité je préfère la poésie plutôt que d'être trop explicite. Même si de nombreuses scènes torrides vous feront à n'en pas douter, avoir des sueurs. Je décris les désirs sexuels comme des personnages à part entière et je les laisse évoluer au gré des situations.

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