Extrait inédit du roman choc « Les Oubliés-1945 »

Anna inspire profondément en se tenant au bois d’un lit. Elle a de la peine à cacher son désarroi après un tel souvenir. Elle doit reprendre son souffle sans que Klaus réalise quoi que ce soit. Elle ne veut pas qu’il devine ce malaise. Elle se tient les reins avec ses deux mains, se redresse en inspirant une bonne bouffée d’air avant de se tourner vers lui. Un courant traverse la pièce, sa mèche ondule comme une voile au vent. Elle la remet sur sa tête en souriant du mieux qu’elle peut. Klaus tente de lui rendre la pareille, mais son rictus est bref et plein d’inquiétude. Il s’assoit dans son lit, laissant tomber ses jambes dans le vide, au-dessus de la tête de son voisin de lits superposés. Anna lui frotte l’avant-bras pour le réconforter. Il reste songeur. Semble ailleurs. Dans un autre monde tandis qu’elle revient à celui-ci.

— On nous drogue Anna ! chuchote-t-il à l’oreille de la jeune femme, en lui lançant un regard sombre. On nous drogue tant et si bien que nous ne savons plus depuis quand nous sommes dans ce camp. Que nous ne savons plus même pourquoi nous y sommes arrivés ! Que nous ne savons même plus qui nous sommes !

Anna ne peut contenir l’agitation de ses paupières semblant se rebeller face à cette affirmation.

— Qu’est-ce que tu racontes ?

— La vérité ! Je ne sais pas comment, mais on doit nous injecter quelque chose pour que…

— C’est du délire ! s’emporte la jeune femme, en secouant la tête comme si elle refusait cette éventualité.

— On nous surveille. Chaque fait et geste est analysé par ces…

— Mais… comment pourraient-ils nous épier, voyons ? se défend-elle, d’une voix emplie de panique. Ces parois pourrissent sous nos yeux, alors…

— Comment, ça je n’en sais rien, mais ce dont je suis persuadé, c’est que nous subissons des lavages de cerveau à tout moment par je ne sais quel foutu procédé !

— En es-tu sûr ?

— Je donnerais ma main au feu ! Pourquoi ne nous souvenons-nous jamais avec exactitude de la journée précédente? Te souviens-tu de tous les évènements d’hier ? Non, répond-il à sa place, sans même la laisser tenter une riposte. J’en étais sûr. Et aucun d’entre nous ne s’en souvient. On nous bourre de médicaments. De psychotropes ou je ne sais quelle merde dans le seul but, d’expérimenter, Anna. Nous ne nous rappelons même plus nos vies d’avant… D’avant tout ça. Ou si peu…c’est si confus.

— Mais… Je m’en souviendrais si on avait tenté de me drog… Je n’ai aucun souvenir de quoi que ce soit ayant trait à une seringue ou des gélules.

— Je ne te parle pas de seringue, Anna. Ni de bonbons, voyons ! la sermonne-t-il, comme une petite fille venant de

dire la plus grande bêtise. J’imagine qu’ils en mettent partout. Dans la bouffe, dans les couvertures, pour qu’on les inhale en dormant. Dans l’air ambiant. Partout !

— C’est dingue cette histoire. Tu crois vraiment ce que tu dis ? finit-elle, en ne le quittant pas des yeux.

Klaus saute de son lit d’un bond agile. Il semble surpris lui-même. S’il était drogué, peut-être ne tiendrait-il pas sur ses jambes de la sorte.

Publié par tomhuxleyauteur

Enfant, j'imaginais déjà des histoires pleines de personnages hauts en couleurs, que je racontais à tous ceux qui croisaient ma route. Depuis lors, j'ai fait évoluer mes récits, les rendant plus complexes, et les partageant ainsi avec un public plus large. En tant que narrateur, je tire profit de mon imagination et mon sens créatif pour raconter des histoires captivantes et divertissantes. C'est tout naturellement que je me suis porté vers l'érotisme et la sensualité. Sans tomber dans la vulgarité je préfère la poésie plutôt que d'être trop explicite. Même si de nombreuses scènes torrides vous feront à n'en pas douter, avoir des sueurs. Je décris les désirs sexuels comme des personnages à part entière et je les laisse évoluer au gré des situations.

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