Il y a des rencontres dans une vie qui bouleversent plus que de raison. Des rencontres qui percent une brèche en nous, si fine mais si profonde qu’on met parfois des années à comprendre à quel point elles nous ont changé. Et puis il y a unerencontre, celle qu’on n’oubliera jamais. Qui s’imprime jusque dans la chair, qui rôde dans les souvenirs comme un fantôme bienveillant, ou parfois oppressant. Pour moi, cette rencontre s’appelait Valentino.

C’est un nom fictif, bien sûr. Un voile posé sur son identité pour protéger sa mémoire. Car ce que je vais raconter ici ne m’appartient pas qu’à moi. Et s’il m’a laissé des morceaux de lui, je me dois de les transmettre avec pudeur. J’ai longtemps hésité. Trop longtemps peut-être. Plus de dix ans que je porte cette histoire, sans parvenir à la déposer complètement. Mais aujourd’hui, il est temps.
J’avais 27 ans à l’époque. Valentino, 22. Je l’ai rencontré par l’intermédiaire d’un ex, dans des circonstances… disons, particulières. Ce même ex avait insisté pour me le présenter. Un geste que j’ai d’abord trouvé étrange, puis flatteur. Ce n’est pas le genre de chose qu’on attend d’un ex, tu vois. Le fait est que j’habitais loin à cette époque. Je dormais chez lui, et Valentino aussi.
Et Valentino… Valentino fut insistant. Pas agressif, pas envahissant. Mais présent. Regard vibrant, énergie brûlante. Il avait craqué sur moi dès le premier regard, et je l’avais senti. J’aurais été aveugle de ne pas le voir. Il émanait de lui une sorte de gravité dissimulée, quelque chose d’électrique mais de triste aussi. J’ai toujours eu ce don étrange de sentir quand quelqu’un porte une ombre en lui. Chez Valentino, cette ombre dansait juste derrière la lumière, presque hypnotique.
Et lui, il a senti que je l’avais vue.
Je suis un homme comme un autre. Je ne joue pas à l’ange ni au moraliste. Quand il a insisté pour partager ma couette, j’ai ouvert mon lit – et bien plus que ça. Il avait quelque chose de tellement spécial, Valentino. Une beauté franche, solaire, presque naïve. Mais aussi ce quelque chose de dramatique, de tragique, que seuls les êtres profondément vivants peuvent porter. Il ne s’agissait pas seulement d’une attirance physique. C’était une pulsion vitale. Une urgence.
Cette première nuit, nous nous sommes fait du bien, oui. Mais ce n’est pas le sexe que je retiens. C’est cette intensité. Ce moment suspendu, hors du temps. Cette manière qu’il avait de se donner, comme s’il me lançait un SOS. Comme si, à travers ce corps à corps, il me suppliait de le comprendre, de l’écouter, de le sauver peut-être – même s’il ne l’a jamais dit.
Je l’avais goûté, oui. Et j’ai regretté, un peu. Pas le geste. Pas l’élan. Mais ce que cela a déclenché en moi. Ce foutu mélange de culpabilité, de tendresse, de trouble profond. Lorsqu’il s’est endormi dans mes bras, après plusieurs soupirs à l’unisson, j’ai senti que quelque chose venait de changer. Pas seulement dans ma vie, mais en moi.
Peut-être que de l’extérieur, ça ressemble à une histoire de cul de plus, un énième flirt un peu bancal. Je comprends qu’on puisse le croire. Mais ceux qui ont déjà aimé avec les tripes savent que certaines connexions n’ont rien de rationnel. Avec Valentino, c’était viscéral. C’était un feu doux mais tenace, qui n’allait plus jamais s’éteindre tout à fait.

On ne s’est pas revus souvent. Valentino apparaissait de temps à autre, comme un chat blessé qui viendrait chercher un peu de chaleur. Toujours de manière inattendue. Et toujours quand il en ressentait le besoin. C’est là que j’ai commencé à comprendre. Valentino ne vivait pas comme les autres. Il survivait. Il portait quelque chose de trop lourd pour son âge, pour son corps trop fin, pour son sourire trop large. Et moi… moi je devenais malgré moi un repère, une échappatoire, un souffle.
Ce roman, son roman, je l’ai commencé des dizaines de fois. Et je l’ai abandonné autant. Trop de souvenirs. Trop d’émotion. Trop de tout. Il me bouffait, littéralement. Chaque phrase me ramenait à ses yeux, à sa voix, à cette façon qu’il avait de me prendre la main sans me la demander.
J’en parlais comme d’un péché à Didier, presque en chuchotant. Je demandais de l’aide, sans trop savoir ce que j’attendais. Peut-être simplement qu’on m’écoute. Qu’on me dise que c’était normal d’avoir mal, encore, après tout ce temps. Que c’était légitime de vouloir écrire, même si ça saignait. J’ai souvent eu l’impression d’être un de ces écrivains maudits dont on se moque gentiment. Le gars qui traîne un texte comme on traîne une malédiction. Mais Didier… il ne m’a jamais jugé. Jamais.
Je devrais aussi remercier Neil. J’ai été le voir pour quelques détails du livre, mais au fond, j’avais besoin d’un relais. D’un témoin. Quelqu’un qui puisse me dire : « Oui, vas-y. C’est le moment. »
Et puis il y a eu Écueil Éditions. L’aventure. Le collectif. Les échanges. La confiance. L’humain, surtout. Cette sensation de ne plus être seul, ni dans l’écriture, ni dans la douleur. C’est là que tout s’est débloqué. L’année dernière, j’ai senti que je pouvais le faire. Que je devais le faire.
Alors j’ai plongé. J’ai replongé dans chaque souvenir. Dans chaque message laissé sans réponse. Dans chaque apparition soudaine de Valentino, comme un mirage. Et aussi dans ce qu’il m’a appris, sans le savoir. Sur moi. Sur les autres. Sur l’amour, la dépendance, la fuite, le silence.
Il y a tant de choses que je ne peux pas raconter ici. Des détails trop intimes, trop bruts. Mais ceux qui liront le roman comprendront. C’est une histoire d’ombres et de lumière. D’un garçon qui brillait trop fort pour durer. D’un homme qui n’a jamais cessé de chercher dans ses bras le sens de certaines absences.
Valentino, ce n’était pas juste un jeune Italien au regard un peu triste. C’était un monde. Un monde qui vacille, mais qui reste gravé en moi.
Certains diront que c’est un roman d’amour. D’autres parleront de drame. Moi, je dis que c’est un cri. Un cri doux, presque silencieux, mais qui résonne encore aujourd’hui.
Et si j’ai mis tant d’années à l’écrire, ce n’est pas parce que je manquais d’envie. C’est parce que j’avais peur. Peur de mal faire. Peur de trahir sa mémoire. Peur d’ouvrir une plaie qui ne se refermerait jamais.
Mais aujourd’hui, je n’ai plus peur. Parce que je sais que ce texte, aussi imparfait soit-il, est un hommage. Un tombeau de papier pour un garçon que j’ai aimé à ma façon. Et qui, quelque part, m’a sauvé aussi.
Alors merci à toi, Didier, pour ta patience. Merci à Neil pour tes silences pleins de sens. Et merci à tous ceux qui comprendront que Valentino, ce n’est pas juste un prénom. C’est un écho. Une trace. Une brûlure douce.
Ce roman est pour lui. Et pour tous ceux qui ont aimé quelqu’un qu’ils n’ont jamais réussi à oublier.

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LAISSEZ-VOUS SÉDUIRE PAR CE ROMAN TOUT EN ÉMOTION. UNE HISTOIRE DE COUPLE QUI VA DEVENIR UNE HISTOIRE DE FAMILLE, UNE HISTOIRE D’UN ONCLE ET D’UN NEVEU… D’UN ONCLE ET DE SON COMPAGNON… UNE MAGNIFIQUE ROMANCE MM ENTRE DEUX HOMMES DIFFICILEMENT COMPATIBLES ET NOURRISSANT CHACUN UN LOURD SECRET…
VOUS ALLEZ RIRE, PLEURER, ÊTRE AGACÉ/ÉE, RAGER ET AIMER TOUT EN VOUS LAISSANT SÉDUIRE PAR LES DÉCORS GRANDIOSES D’UNE AMÉRIQUE TOUCHANTE ET NATURELLE…
RETROUVEZ WILL ET ETHAN DANS CETTE HISTOIRE DÉCAPANTE ET PLEINE DE REBONDISSEMENTS… UN VOYAGE INITIATIQUE POUR DENIS, UN ROAD TRIP INCROYABLE POUR SON ONCLE, COMPLÉTEMENT CHAMBOULÉE PAR L’AVENUE DE SON NEVEU.
Résumé :
Will vit à Sausalito, dans la baie de San Francisco. Lorsqu’il accepte de prendre sous son aile son neveu venu de France et récemment orphelin, c’est tout un pan de son passé qui lui explose en pleine figure. Routier à ses heures, il va emmener Denis dans son truck et lui faire découvrir du pays, malgré son couple battant de l’aile, Ethan, son compagnon et artiste peintre, étant fatigué de ces va-et-vient perpétuels n’amenant à rien. Lui rêve d’une relation plus stable, même s’il sait qu’il n’est pas un cadeau. De ruptures en promesses sur l’oreiller, la confiance s’effrite entre les deux hommes. Ayant de la peine à assumer ce qu’il éprouve pour Ethy, Will se dérobe à chaque fois qu’un semblant de tendresse les unit, aggravant toujours un peu plus la situation. L’arrivée de ce gamin dans leur vie, si cela va générer d’autres conflits, va peut-être leur permettre d’appréhender leur histoire sous un autre angle. Denis va s’avérer malgré lui être le décodeur leur permettant de communiquer autrement qu’en s’engueulant et d’envisager un avenir commun. D’affronter chacun de leur côté leurs démons, pour pouvoir avancer et se tourner vers l’avenir, à deux.
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EXTRAITS :
« En un coup de fil, il est redevenu le petit garçon qu’il était, révolté et rageur, les yeux mouillés et espérant qu’un problème technique ramènerait sa maman. Qu’elle se battrait plus pour le récupérer et en avoir la garde de l’autre côté de l’Atlantique. Il serre le poing, sent ses mâchoires se crisper. Son pied bat toujours plus vite la mesure et tout ce qu’il entend, aussi dramatique soit-il, le laisse de marbre et sans la moindre émotion. »
* * *

« Un silence envahit la cabine, Denis étend ses petites jambes pour se mettre à l’aise sans voir que son oncle l’observe. Ce dernier réfléchit un instant puis se lance :
— Tu sais ce que ça veut dire le mot amoureux, Denis ?
— Oui, comme papa et maman.
— Oui, bon d’accord, mais là c’est… enfin, on est deux garçons, tu comprends ?
— J’vois pas la différence, tu sais. Vous vous engueulez pareil, Ethy et toi ! termine-t-il, sous le regard bienveillant et soulagé de son oncle, ne pouvant exprimer toute la reconnaissance qu’il éprouve pour ce petit bonhomme.
C’est comme s’il venait de faire son coming out à la personne la plus importante de son existence. Il se sent soudain si léger, qu’il serait prêt à pardonner l’incartade de son compagnon et bien plus encore. Il se sent fondre comme de la guimauve, retient les larmes tentant de le submerger avant de se reprendre de justesse :
— Oui, bon ! Mieux vaut-il que tu saches le plus vite possible de quoi il en retourne, mon gars ! finit-il, ouvrant une bouteille de limonade et buvant une gorgée. »
Et toujours cette histoire qui n’est pas de la guimauve mais bien une histoire qui se passe au Réveillon… apprenez à mieux connaître Sam et Dany dans ce roman bouleversant qui vous fera rire mais aussi pleurer… si si…

Résumé :
Vous souvenez-vous de votre amour de jeunesse ? Était-il si innocent que ce que prétendent les adultes ? Ou au contraire, saviez-vous que c’était l’amour de votre vie ?
Sam est de retour sur son île pour les Fêtes de fin d’année après plus de vingt ans d’absence. Lorsqu’il croise sa complice d’enfance devant la poste de Noirmoutier, cette dernière l’invite au repas de Noël chez ses parents qu’il connaît bien. Hésitant d’abord, craignant les reproches, Sam rejoint cette famille qu’il aima tant. Les deux frères de Nadine étant également présents, le réveillon va très vite devenir hors de contrôle. Déclenchant un vrai tsunami pour Sam et Dany, le plus jeune frère, étant rattrapés par les souvenirs de leur adolescence et les promesses qu’ils s’étaient faites secrètement. Chamboulés par cette vague d’émotions, ils vont réaliser que les sentiments qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre n’ont pas changé. Un constat gênant capable de faire tout imploser.
Venu régler ses comptes avec ses démons du passé en la personne de son père, Sam va devoir impliquer Dany malgré lui, dévoilant ainsi la terrible vérité sur son départ brutal vingt-trois ans auparavant, et les conséquences de ce baiser passionné échangé dans un hangar. Un baiser ayant stoppé en plein vol la seule histoire d’amour jamais espérée.